Les trous noirs et la vie après la mort

Le moins que l’on puisse dire sur le trou noir qui occupe le centre de notre galaxie, c’est qu’il n’intéresse que très peu de personnes. Pourtant, il est important dans notre vie de tous les jours parce qu’il impose depuis des milliards d’années un ordre relatif dans la distribution et les dynamiques de la matière et de l’énergie, et que cet ordre relatif constitue le terreau qui a permis à l’intelligence et la conscience de se développer sur la terre. En fait, s’il y a de l’ordre dans la galaxie, c’est parce qu’une majestueuse structure 4,6 millions de fois plus massive que notre soleil est à l’origine de la courbure de l’espace dans lequel se déplacent de 100 à 400 milliards de soleils de manière presque coordonnée, suivant chacun des orbites gigantesques pouvant dépasser des périodes de 300 millions d’années. Si les soleils qui gravitent autour de ce trou noir atteignent des vitesses de 4,75 millions de km/h, notre soleil, qui fait un très grand cercle autour du centre de la galaxie en 225 millions d’années, se déplace à une vitesse de 792 000 km/hr. Évidemment, tout ça est relatif puisque ces centaines de milliards de soleils imposent à leur tour une courbure gravitationnelle de l’espace et que notre galaxie entière se déplace à 2,1 millions km/hr en direction des constellations du Lion et de la Vierge, une zone de grande attraction gravitationnelle alimentée par 6 ou 7 autres galaxies cachées par le centre de notre propre Voie Lactée.

Mais pourquoi devrions-nous avoir un intérêt pour ce trou noir et les trous noirs en général ? Certes, on peut leur attribuer un certain rôle dans le développement de la vie, sans ce trou noir, il n’y aurait pas de vie sur notre terre… et, fort possiblement, que la terre n’existerait pas, notre soleil n’ayant pu se former tel qu’il est aujourd’hui en dehors du champ gravitationnel galactique dont le trou noir au centre de notre galaxie est à l’origine. Mais, le plus important dans notre vie de tous les jours, ceci n’étant que spéculations, serait que les trous noirs ne sont autre chose qu’une singularité de matière et d’énergie dont les propriétés nous amènent aux confins des désirs les plus sacrés des humains… la vie après la mort… ou une singularité « énergie-espace-temps-information-conscience », le point d’aboutissement de nos expériences conscientes et de notre mémoire, mais aussi le point de récupération de l’information que nous portons en nous et la porte d’entrée vers un univers parallèle.

Le problème ici est de formuler une hypothèse éventuellement vérifiable qui permettrait de nous rassurer sur la plausibilité d’une spéculation de ce type. Peut-être que cette hypothèse repose sur la notion de « durée de Planck », la plus petite unité de temps, c’est-à-dire le temps que mettrait un photon (à la vitesse de la lumière) pour parcourir une distance infiniment petite (la longueur de Planck) où s’observent des effets quantiques dans le champ gravitationnel (ce qui se passe dans un trou noir). En d’autres mots : pourrait-il exister un quantum de notre état conscient (une entité cohérente) créé par un « attracteur » (un champ « agglomératif » informationnel), un champ qui transforme cette entité cohérente en une singularité « énergie-espace-temps » avec des propriétés qui permettraient de penser que l’état conscient (un ensemble presque infini d’informations et de leurs interrelations) est transmissible dans un autre univers (comme un trou noir pourrait aussi ouvrir la porte à un autre univers comme le supposent plusieurs cosmologistes) ?

Ça semble absurde ?

Certainement pas à ceux qui réfléchissent au champ de Higgs, un champ dont on ne connaît pas la nature et qui est présent partout dans l’univers, un champ qui interagit avec les particules pour leur conférer une masse… et dont le CERN vient de découvrir son produit : le « boson de Higgs ». Ou encore, ce champ agglomératif informationnel pourrait être intelligible pour ceux qui appuient leur réflexion sur l’hypothèse que le champ gravitationnel est généré par une particule fantomatique qu’on appelle le graviton qui se déplace à la vitesse de la lumière pour faire entrer en interaction deux particules, créant ainsi un champ attractif. En passant, ni le champ de Higgs ni le champ gravitationnel n’a d’effets sur les photons (la lumière et autres spectres électromagnétiques) qui eux, se déplacent en ligne « droite », suivant la courbure de l’espace créée par le champ gravitationnel, lui-même créé par la masse de la matière présente. Notons aussi que l’information se transporte surtout par les photons, ces champs électromagnétiques qui occupent l’univers entier.

L’énergie et la matière demeurent encore un grand mystère, un mystère que certains tentent d’ailleurs d’expliquer en attachant des cordes énergétiques infiniment petites (de l’ordre de la longueur de Planck ou 100 milliards de milliards de fois plus petites qu’un noyau d’hydrogène) pour créer mathématiquement des sous-particules (particules sans dimension) qui, en interagissant selon des patrons particuliers, sont en mesure de se fusionner en matière (électrons, protons, neutrons et antimatière) et d’expliquer (au moins partiellement) comment se comportent leurs dérivés énergétiques.

Toutes ces théories, si nombreuses, bizarres et complexes que l’on s’y perd facilement, demeurent d’excellents indicateurs des capacités de l’intelligence humaine d’appréhender l’infiniment grand et l’infiniment petit, mais aussi, et encore plus, du grand mystère de l’état conscient… de ce que plusieurs appellent l’âme… de la place de l’état conscient dans les champs d’énergie informationnelle qui essaiment au sein de l’univers, de ses relations avec un hypothétique champ informationnel agrégatif… la singularité propre à chaque entité consciente.

Alain Avanti

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