Le « Printemps Trump », la révolution douce et notre monde tel qu’il est

Aujourd’hui, le monde assiste au « Printemps Trump », une révolution douce aux arrières goûts fétides, qui remet en cause l’artificialité politique, économique et philosophique de nos démocraties, toutes les prétendues démocraties, et même les plus antiaméricaines. Trump, certainement le mâle alpha de tous ceux qui ont des prétentions à la présidence des États-Unis, n’était peut-être pas conscient du rôle historique qu’il s’apprêtait à jouer lorsqu’il a annoncé sa candidature à l’investiture républicaine. Sam Clovis l’était… La dictature bienfaisante de la démocratie s’est au fil du temps érigée en un système extrêmement rigide, paradoxalement supporté par la liberté de parole et des institutions de justice respectueuse des droits de l’homme. Cette dictature douce, mais contraignante, est servie par des personnes élues par tous, une opération qui lui confère toute la légitimité requise pour poursuivre sans fin son travail de maintien de l’ordre social, un ordre duquel émergent la sécurité et la liberté recherchées par chacun.

C’est très bien ainsi… il faut de l’ordre… il faut de la sécurité… il faut de la liberté.

C’était hier…

Aujourd’hui, les technologies numériques et, bien involontairement, les médias rapprochent le voteur aux revenus médians d’une autre vérité… un doute qu’il traduit par la question : « À qui profite cette douce dictature qui défend notre liberté et notre sécurité en puisant sans cesse dans nos avoirs et en nous encombrant d’une infinité de règles qui engendrent plus de problèmes qu’elles n’en résolvent… et qui semble servir l’intérêt de l’élite ? »

Les politiciens ordinaires sont incapables de résoudre cette énigme, parce qu’ils en font partie eux-mêmes. Ils sont au service d’un système d’ordre qui lutte contre l’entropie sociale et qui occupe toutes ses ressources à tenter de satisfaire ceux qui les portent au pouvoir et ceux qui les y maintiennent.

Il faut une révolution… une révolution douce, qui ne fait pas désordre… un coup de semonce… Mais comment faire pour ébranler le système sans le détruire ?

Donald Trump est là, avec tous les défauts du mâle alpha, mais avec ses qualités aussi : intelligent, puissant, n’ayant peur de personnes, capable d’indiquer à chacun sa place dans le pecking order et de l’obliger à s’y tenir, imperméable aux critiques, inconscient de ses faiblesses, mais conscient de sa force, exhibant sa personnalité sans gêne… Donald Trump, le mâle alpha, se vend à ses électeurs comme la seule personne capable de défendre leur intérêt et celui de la nation, celui qui sera capable de procurer à chacun la sécurité et la liberté, ces deux valeurs fondamentales auxquelles ils aspirent. Aux yeux des républicains, Donald Trump semble être la seule personne de confiance assez fringuant et inconscient des difficultés pour diriger et réussir la révolution que souhaite M., Mme Tout-le-Monde.

Évidemment, la réalité des agissements politiques est plus complexe. Mais le coup de semonce est donné. Si je conseillais le parti démocrate, je leur dirais de se méfier de la langue de bois… le langage politique du quasi-statu quo, la langue de l’élite qui semble amener les démocraties vers un cul-de-sac.

Alain Avanti

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