Donald Trump et la fin de la démocratie bienveillante?

Donald Trump, le démystificateur du pouvoir politique, l’homme assoiffé de grandeur qui s’attaque à la complexité de la gouvernance et à la rectitude politique… dénonçant les questions politiques alambiquées, les retards dans les moindres projets gouvernementaux, la complexification des problèmes par la bureaucratie, les dépassements de coûts, les déficits budgétaires extrêmes, la collusion du pouvoir avec Wall Street, les salaires impossibles de l’élite, l’absence de leadership dans les problèmes imposés par d’autres états, l’immigration illégale, la tolérance aux comportements criminels, l’irresponsabilité chronique des institutions, l’affaiblissement militaire… en fait, Donald Trump dénonce tout ce qui ne va pas dans la démocratie américaine, du moins au jugement des républicains sursaturés de l’indigence de leurs dirigeants politiques.

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Cette situation que dénonce Trump est sans doute semblable à celle dans laquelle se complaisent les démocraties bienveillantes du monde libre, une société dominée par des politiciens, souvent fourbes, qui s’aiment et se détestent, et qui entretiennent tant bien que mal la stabilité nécessaire à la protection de la qualité de la vie, une condition essentielle pour qu’ils puissent se maintenir au pouvoir.

Et cette démocratie bienveillante où on ne parle que d’argent, celui des autres, celui qu’on n’a pas… celui qu’on a le pouvoir d’affecter à l’un ou l’autre de ses groupes d’électeurs, avec des gagnants et des perdants, des gens heureux et malheureux… un processus dynamique, mouvementé et plein de surprises s’il en est un, un chaos stimulé par les médias d’information qui ne savent plus comment intéresser leurs commanditaires… pardon, leurs abonnés… tant il y a de petits et grands événements à traiter en long, en large et en profondeur, jusqu’à épuisement de l’intérêt public.

Les électeurs se doutent bien que c’est la réalité dans laquelle ils vivent… celle qui leur est imposée par la démocratie bienveillante dans laquelle ils tentent d’évoluer… et de gagner leur vie. Tous se doutent qu’il y a là un subterfuge qui permet à une société de classes de survivre. Mais, lorsqu’un personnage puissant dénonce les effets pervers de cette réalité, ses mots raisonnent dans l’inconscient de chacun et cette réalité prend bientôt la forme d’un ennemi… alors qu’au fond, cette réalité politique et bureaucratique, aussi perverse, coûteuse et inefficace qu’elle puisse l’être, est le meilleur ami du citoyen.

L’histoire est truffée de ce genre d’erreur d’appréciation qui, propulsée par un personnage puissant, s’imprègne dans l’intelligence collective. Donald Trump est aujourd’hui celui qui porte ce flambeau chatoyant de cette pseudo-libération.

La démocratie bienveillante est imparfaite… Oui ! Elle est coûteuse, inefficace et inégalitaire. Pourtant, eut égard à la nature humaine, il n’y a rien de mieux qui pourrait s’y substituer.

Est-ce que Trump pourrait se faire élire à la présidence du pays le plus puissant au monde ?

Peut-être… Si une telle chose s’avérait, que cet homme… ce mâle alpha sorti de ses rôles d’homme d’affaires et d’homme de scène, il faudra espérer qu’il sera suffisamment inspiré pour puiser dans l’univers de la bonté humaine et de la nouvelle intelligence de la réalité l’énergie et la clairvoyance qui lui seront nécessaires pour améliorer la démocratie et non pour la ramener là où elle était au moment d’écrire la constitution américaine.

Alain Avanti

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